Le Gardien du Phare de 1883 à 1911

François Marc, entre deux notables, Gardien à 26 ans
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Lorsqu’il prend ses fonctions en 1883, François Marc DELRIEU a 26 ans. Il est engagé par la ville de Genève en qualité de « Gardien du phare et responsable de l’octroi ».

Pour son activité de « gardien », il dépend directement de l’Ingénieur Cantonal. Il débute sa carrière sous les ordres de Léopold Blotnitzki alors successeur de Guillaume Henri Dufour. Son travail de gardien consiste à assurer, toutes les nuits, la permanence de l’éclairage du phare et au quotidien l’entretient du matériel.
Au phare principal des Pâquis, pour accéder à la lanterne, assurer le nettoyage des vitres, il faut gravir une échelle métallique de près de 7 mètres. Exercice acrobatique, surtout l’hiver par bise noire, lorsque les échelons sont vitrifiés de glace. Nous savons par Muriel, sa petite fille de trois générations que dans cette situation il couvrait de sacs de jute le sol de la digue et probablement les échelons afin de ne pas glisser sur la glace vive.
Pour le phare secondaire de la jetée des Eaux-Vives (une simple lanterne) il avait les mêmes responsabilités d’allumages avec en plus, par brouillard, la nécessité de signaler l’entrée de la passe par des coups de cloche.
Nous ne savons pas de quelle manière il se déplaçait d’une rive à l’autre. Cependant, on peut imaginer que pour la belle saison, il devait disposer d’une barque pour traverser les 230 mètres de la passe. Jour après jour, à la tombée du jour, François Marc Delrieu allume les 6 becs Bunsen de l’éclairage au gaz et au petit matin il coupe la vanne principale sur le quai. Le reste de sa journée est employée par « l’octroi », la contribution perçue par la municipalité sur toutes les marchandises de consommation locale arrivant dans le port. Pendant 20 ans, il assurera cette double fonction. En 1903 il devient cantonnier.

Devant la balance de l'octroi

Le gardien devant la balance de l’octroi

En 1887, changement à la tête du service. Émile Charbonnier devient le troisième Ingénieur Cantonal. Sept années plus tard, pour de multiples raisons, le phare devenu obsolète doit être adapté aux besoins du moment. François Marc participe naturellement à cette transformation. Dans le projet d’une nouvelle implantation, Charbonnier argumente au début de son document « La lanterne, à laquelle on ne parvient que par une échelle en fer, ne peut être nettoyée que très imparfaitement et cette opération présente de sérieux dangers pour le gardien du phare ». La tour métallique permettra dès le 6 avril 1894 à François Marc d’assurer, en toute sécurité, l’entretien des mécanismes de rotation, le nettoyage des lentilles de Fresnel, et de remonter les contrepoids qui assureront au phare un fonctionnement automatisé pendant 72 heures.
Un mois après la mise en route, Delrieu recevra le premier règlement sorte de cahier des charges à l’intention de l’employé chargé du service du phare (voir ce document dans les articles complémentaires).

Seule personne ayant travaillé sur les deux phares. Né, le jour même de la première illumination, le 6 décembre 1857, conduite par Élie Wartmann,  François Marc Delrieu est en droit d’être considéré comme :    LE GARDIEN DU PHARE  

Photo de

Photo de Muriel Hermenjat, petite fille du gardien du phare

François Marc né le 6 décembre 1857 est l’enfant unique de Jeanne Longet (domestique) et Jean-Louis Delrieu (menuisier).
À 22 ans il se marie à Taninges avec Amélie Besson (savoyarde) le 16 octobre 1879. Ils auront 4 enfants : Henri (1881) Marguerite (1883) Alice (1884) Louise (1888). Sa femme Amélie décède en 1897, il a 40 ans.

François Marc se remarie avec Péronne Deronzier (fille de Jean-Pierre et Françoise Léard et veuve de Alexandre François Jacquet).
Il décède en 1944, à 87 ans, la même année que sa femme.