Le Phare des Pâquis

46° 12’ 36” N – 6° 09’ 25” E

De 1894 à la 3D, une guerre d’usure…

Les engrenages du réducteur d’entraînement de la rotation des panneaux lenticulaires de Fresnel ont fini par s’user.
En 1894, la machine reçue de la maison parisienne Barbier&Fenestre assurait la rotation de l’appareil optique du phare. Ce mouvement d’horlogerie fonctionnait, grâce à un régulateur de vitesse et à la seule force de contrepoids se déroulant dans la tour métallique. Le gardien du phare aurait dû alors assurer une présence journalière pour le remontage des charges…

( Le système de découplage >)

C’était sans compter sur l’astucieux Ingénieur cantonal, Émile Charbonnier qui ajoute, à la machine d’origine, un système à cames permettant l’automatisation de certaines fonctions : à la nuit tombante, le premier ergot actionne la remontée des rideaux de protection des lentilles contre les rayons du soleil, le second l’ouverture de la vanne de gaz pour l’allumage de la source lumineuse et le troisième libère le mouvement de rotation. Au petit matin, le mouvement inverse se réalise. Ces mouvements sont réglés par des couples de 2 goupilles fixées à volonté sur un cadran divisé en quarts d’heure.
Grâce à ce système, le gardien ne devait passer que tous les 6 jours pour le remontage des poids moteurs.
En octobre 1935, le Service électrique propose le remplacement du système de contrepoids par un moteur électrique.
Depuis le 21 avril 1894, les divers engrenages se sont frottés l’un contre l’autre en tournoyant dans leur danse nocturne. Ces couples, c’est bien connu, ont finis pas s’user.

Il était temps de réagir.

Jean-Pierre CURCHOD, ingénieur en microtechnique, Doyen retraité de l’école d’horlogerie, entreprend, en étroite collaboration avec Grégory Gardette de la Capitainerie de Genève, la réparation de la machine d’entraînement.
Spécialisé dans la restauration d’horloges monumentales (RHM), il a conduit en 1992, les élèves de l’École d’Horlogerie de Genève, à participer à la remise en état de fonctionnement de l’horloge de l’église de León en Espagne.
En ce qui concerne le Phare des Pâquis, il a transporté, en été 2020,  le mécanisme défectueux dans son entreprise de Lancy pour lui donner les soins nécessaires.
Le phare s’est réactivé en septembre 2020.

Afin d’intéresser les étudiants de l’École d’Horlogerie à cette réparation on a confié à :

Laurine, Angelo, Bradly, Cheng, David, Diogo, Dylan, Loïc B, Loïc R, Rafael, Sébastien, Steven, actuellement étudiants en dernière année de la formation de technicien en microtechnique, la numérisation de l’ensemble des pièces qui anime cette « horloge » particulière.
Les 12 élèves ont travaillé près de 240 heures  sous la supervision de leur professeure Mme Christine Guyot à la réalisation d’un plan de ce mouvement en 3D.