Le Phare des Pâquis

46° 12’ 36” N – 6° 09’ 25” E

Des fuites d’eau dans la coupole du phare principal des Pâquis, l’existence de mercure dans le système de rotation des panneaux lenticulaires de Fresnel, la présence de plomb et de PCB dans les anciens vernis et côté Eaux-Vives, le triste état du phare secondaire, toutes ces raisons ont conduit le service de la Capitainerie et le service du Patrimoine à entreprendre une restauration complète des sentinelles de la Rade. 
L’ingénieur François Beetschen (capitainerie) secondé de l’architecte Léa Bühler-Broglin (ass. architectes associés S.A.) pilotent ce chantier d’exception. 
Il a consisté dans un premier temps à construire un échafaudage d’envergure capable, le temps des travaux, de faire face aux assauts possible du vent et, à l’aide d’une enveloppe de plastique sous dépression contrôlée, de protéger les travailleurs, l’eau du lac et l’air des risques de contamination.

L’installation de l’échafaudage débute le 22 septembre 2025. Les barges de l’entreprise Orlati investissent les alentours de la jetée. Un matériel conséquent est transporté par voie maritime, puis stocké sur la digue. La construction du mécano géant débute fin octobre 2026. Entre le brise-lame de pierres de Meillerie et la jetée du phare de gros blocs de béton sont noyés puis empilés pour offrir une embase d’appui stable afin d’arrimer solidement l’édifice tubulaire.

La lanterne des Eaux-Vives (Jet d’eau) mise en service en 1911 est entièrement démontée et ses parties métalliques expédiées chez Artferro à Satigny le 21 novembre 2024 pour rénovation. 
L’embase de béton dégradée est entièrement rasée et ses éléments reconstruits à l’identique. 
En novembre 2025, alors que le Jet d’eau est arrêté pour son entretien annuel, le phare secondaire des Eaux-Vives retrouve sa place avec un dôme provisoire en acier inoxydable. 
La coupole d’origine attendra encore la décision du service du patrimoine afin de donner une cohérence esthétique entre les « chapeaux » des phares des Pâquis et des Eaux-Vives.

Du côté des Pâquis, les travaux de décapage des vernis et de la rouille ont débuté en décembre 2025. Les ouvriers dans leur scaphandre et leur casque de protection ont mis à nu l’entier de la tourelle métallique.
Les centaines de kg des 80 gueuses stabilisatrices ont été déplacées à l’extérieur pour décapage. Le temps de leur nettoyage, les risques de fléchissement de la tour métallique ont été augmenté.
L’ « assiette » de l’échafaudage, selon l’exigence de l’ingénieur de l’EPFL mandaté, ne doit pas varier au-delà de 30 millimètres.
Heureusement, la météo a été plutôt clémente cet hiver 2025-26. En janvier, les températures ont été inférieurs à la normale et les vents modérés. En février, les températures ont été anormalement douce, avec des précipitations abondantes et des vents parfois fort, mais sans mention de tempête. 
De bonnes conditions météorologique, pour ce travail fastidieux mais indispensable.

La grande toilette est terminée le 15 avril 2026. Les gueuses déplacées ont mis à jour certains éléments métallique corrodé, rouillés, notamment à la jonction entre la base de pierres de taille et le fût métallique. 
Conjointement avec le service du Patrimoine, des solutions sont trouvées pour marier histoire et modernité. Le chantier va donc prendre un peu de retard. Le balcon circulaire quant à lui sera re-construit pour retrouver son élégante finesse de 1894.
L’optique et le mécanisme d’entraînement des panneaux lenticulaires de Fresnel est adapté aux nouvelles exigences. L’atelier Logilux à Payerne se charge de supprimer le mouvement sans friction dit à « bain de mercure » pour l’adapter à un système à roulements à billes. 
La disparition de l’ampoule de 1000 watts aura pour corollaire la suppression de la ventilation établi en 1949, système qui évitait aux ampoules leur surchauffe.
Dans sa nouvelle version, l’éclairage du feu sera assuré par une lampe LED.
Peinture : cinq couches de vernis seront déposées sur la structure métallique. Du blanc pour l’essentiel et du rouge pour certains éléments (colonnes et décorations).